En passant par Auchan: Bergues (St-Winnoksbergen)

Quand on passe à Auchan...


Les Belges de la côte aiment se rendre en France, en passant la frontière soit-disant pour aller faire des courses à Auchan, près de Duinkerken (en Flamand). Il faut en fait aller à Grande Synte et il n’est pas nécessaire d’entrer à Dunkerque (oui, chers amis flamands, avec le k) bien que la ville vaut la peine d’une petite visite. Il faut prendre l’autoroute A16 et la sortie 25A. A Auchan, la lessive et l’eau sont meilleurs marché, sinon, bah, on ne doit pas se faire trop d’illusions. Tout a son prix.

Dunkerque mérite un petit détour pour son musée portuaire avec ses innombrables maquettes et son musée des beaux-arts. Il y a également le phare de Dunkerque, qui est la plus haute et la plus septentrionale des constructions de ce type en France. Seulement ouvert en été le samedi et le dimanche. On peut visiter le port en bateau au bord du Bazenne. La plage est longue de quinze kilomètres!
A l’office du tourisme (+33/3.28.26.27.27, www.ot-dunkerque.fr,) qui se trouve au centre, on me conseille de visiter la ville forteresse de Bergues (St-Winnoksbergen). Je bois un verre de bière dans le café Le Grand Morien au centre de la ville. Il n’y a aucune bière artisanale, par contre on vend de la Hoegaarden. Je remarque que les toilettes ne sont pas propres et dans un wc il manque même du papier hygiénique. Je trouve dans le guide Gault-Milliau une adresse sympa: le Breughel, taverne de Renaissance du seizième siècle. Cette petite ville, une des anciennes barrièresteden, -vous vous rappelez votre histoire-, se trouve sur la route D916 de Dunkerque à Lille, à environ quinze minutes de route.
Je pars pour Bergues et sur l’autoroute je remarque à gauche et à droite les petites villes flamandes qui me font penser à la Zélande, mais le paysage est plus vallonné. Bergues pourrait bien être Aardenburg ou Menen. En plus, on y voit le drapeau du Lion Flamand plus souvent qu’en Flandre... La maison de l’établissement du Breugel fut érigée en l’an 1597, année où Philippe II et Henry IV ont signé la Paix de Vervins.
Nous entrons dans le vestibule avec les dalles anciennes et la première chose qui nous frappe, sont les jeux traditionnels; des sortes de flippers en bois. La salle du restaurant est grande: il peut y avoir au moins cent personnes assies autour de tables munies de bancs pour quatre ou plusieurs personnes. L’accueil et le service sont impeccables et on est servi par des femmes en costume folklorique flamand. On consulte la carte et on est étonné par les copies de peintures du peintre Italien Arcimbolo. Tiens, on n’est pas dans un restaurant flamand avec le nom de Breughel? On goûte le vin du patron, un Gamay Papillote dans des cruches, mais Hélène veut aussi une Blanche de Namur, qui lui rappèle sa Hoegaarden. On choisit le menu avec un bon gratin d’endives au Maroilles et une demi Tartine berguoise. Hélène mange la carbonnade flamande -qui n’est pas extra-, mais elle s’étonne surtout que les frites flamandes ne soient pas faites main; elle viennent du surgélateur et sont produites à la machine. Ce ne sont donc pas de vrais frites flamandes. Il faudrait laisser le soin au client, moyennant un supplément, de pouvoir choisir les frites faites main. Cela demande un peu plus de temps, mais en réalité ça revient moins cher.
La grande surprise qui nous était réservée est le Pot’che vleesch, qui est constitué de lapin, porc, poulet et veau en gelée. Admettons qu’on ne s’y attendait pas: un grand pot rectangulaire avec des morceaux de viandes froides! Cuisine flamande? Mon oeil! Cuisine barbare serait plus exacte. Je mange quelques morceaux et déjà je n’en peux plus. Tant pis, je demande qu’on le conserve et qu’on l’emballe pour mon chien. Coup de théâtre: la viande que je n’ai pas touchée sera de nouveau utilisée! Et si je l’avais touché ou goûtée? La servante a l’intelligence sournoise de ne pas préciser si on compte réutiliser cette viande pour la servir de nouveau aux clients, mais cela ne m’étonnerait pas.
Les toilettes sont bien un mal français; à Dunkerque, il n’y avait pas de papier toilette et voilà maintenant qu’il manque du savon et des serviettes pour se laver les mains. Ce qui n’est pourtant pas un luxe si on mange avec les mains! Les français, aimeraient-ils à nouveau manger comme au seizième siècle? Une telle chose en Belgique et l’affaire ferait faillite.
On se console avec une grande bouteille de bière ambrée, la Blonde d’Esquelbecq (75 cl) de la brasserie Thiriez. Elle est brassée de façon traditionnelle sur lie. Non pasteurisée et non filtrée avec une acidité agréable. Nous terminons avec la Houlle ; sorte de genièvre (trois cl) fait à la base de bière. Fort, mais bon. Elle est à la hauteur de notre genièvre St-Pol ou le Kiekendief. La note de tout cela: 67,00 EUR.

Nous prenons le chemin du retour et lors du trajet pour arriver à Ostende (quarante-cinq minutes), on n’a même pas l’impression d’avoir fait un voyage dans un grand pays qui est pourtant si près de nous et accessible par l’autoroute à partir d’Ostende. (Francis De Smet, correction par E.G.)